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La MICI et le sport

Plus d’activité physique signifie une meilleure santé

Notre corps a besoin d’activité physique, un constat qui attire de plus en plus l’attention dans le domaine médical. En effet, une activité physique ciblée permet non seulement de rester en forme et en bonne santé, mais a aussi un potentiel thérapeutique énorme. La MICI et le sport ne s’excluent pas mutuellement. Au contraire, l’activité sportive peut nettement améliorer le bien-être dans la maladie de Crohn ou la rectocolite hémorragique. Mais vous pourriez faire des erreurs si vous ne respectez pas des points importants. Les conseils et informations qui suivent devraient vous servir à vous motiver et à vous orienter.

Effets extrêmement divers du sport sur l’organisme !

L’activité physique a des effets positifs sur le corps, l’esprit et l’âme. C’est aujourd’hui incontestable, cela fait l’objet de recherches scientifiques et est maintenant utilisé en médecine : l’activité physique est un élément thérapeutique de plus en plus reconnu et occupe une place croissante dans la prise en charge thérapeutique. Les médecins ne recommandent presque plus de nos jours de se ménager en dehors des états aigus et de certaines causes de maladie comme les infections.

L’activité physique exerce ses effets positifs dans de nombreux domaines fonctionnels de l’organisme humain, notamment :

  • Appareil locomoteur (os, muscles, tendons et ligaments),
  • Métabolisme,
  • Appareil cardiovasculaire,
  • Système immunitaire,
  • Système hormonal,
  • Système nerveux,
  • Activité mentale,
  • Psychisme.

Une activité physique ne serait-ce que modérée développe les muscles et réduit le stress. L’appareil cardiovasculaire, le système immunitaire, le métabolisme, l’équilibre des hormones et des médiateurs chimiques, de même que la capacité de régénération fonctionnent mieux, mais ce n’est pas tout.

L’entraînement physique peut vous aider à mieux faire face à votre maladie, à réduire l’activité de la maladie et à diminuer le besoin de médicaments. Moins de stress, moins de douleurs, un meilleur bien-être et une amélioration de la conscience du corps – voilà les effets positifs du sport que signalent les patients atteints de MICI.

MICI et sport – une bonne combinaison dans le respect de certaines conditions

Toutefois, certaines circonstances associées à la MICI limitent l’aptitude au sport et la gamme des sports possibles à pratiquer. Il existe évidemment des aspects importants spécifiques à la maladie à prendre en compte. L’activité physique en soi ne résout pas les poussées actives, et un surmenage peut sérieusement vous nuire. Vous trouverez ici un résumé des points les plus importants.

Trouvez le type de sport qui vous convient  :

  • Cet aspect, qui peut paraître banal, est réellement important : trouvez le type d’activité physique dans lequel vous vous sentez le mieux et qui vous plaît le plus. Les chances sont ainsi plus grandes que vous intégriez de façon durable l’entraînement à votre quotidien et que ça ne soit pas un court épisode.
  • Une combinaison de différents types d’entraînement est idéale, puisque la relaxation fait aussi partie de l’activité et des efforts physiques. Il existe à cet effet toute une série de techniques de relaxation appréciées et établies, comme les exercices respiratoires, le training autogène, le yoga, le Pilates ou la relaxation musculaire progressive.
  • Une combinaison de sports de force et d’endurance vous permet de vous dépenser de façon idéale. Le sport de force sert à développer les muscles, tandis que les sports de type endurance améliorent l’alimentation du corps en oxygène et assurent ainsi que vous vous sentiez mieux par la suite.
  • Plus de force améliore la vie au quotidien, ce qui est avantageux pour vous dans de nombreuses situations, surtout dans le contexte d’une maladie chronique. Des sollicitations modérées augmentent en outre la stabilité des os et réduisent ainsi le risque d’ostéoporose, qui est plus élevé en présence de MICI.
  • Discutez toujours à l’avance et régulièrement par la suite de votre programme d’entraînement avec votre médecin : il peut vous donner son avis médical sur le type et l’intensité de votre entraînement physique. De plus, vous pouvez vérifier ensemble si les effets positifs du sport vous permettraient éventuellement de diminuer votre prise de médicaments.
  • Les types de sports suivants, entre autres, sont recommandés :
    • Sports d’endurance : par exemple la course à pied, la marche, le vélo, la natation et le golf.
    • Sports de ballon : par exemple le badminton (ménage davantage le bras de frappe que le tennis ou le squash). Un conseil : effectuer des exercices d’étirement avant.
    • Souplesse, concentration, méditation, harmonie du corps et de l’âme : par exemple yoga (possible pendant pratiquement toutes les phases de la maladie).
    • Développement musculaire, posture et conscience du corps : le Pilates (renforce, entre autres, la musculature du bassin, du ventre et du dos ; pas dans les phases aiguës de la maladie, après des opérations ou en présence d’une stomie), les étirements et les exercices de concentration et de respiration, par exemple, font partie de l’entraînement.
    • Danse (renforce l’endurance, la force, la capacité de coordination, la conscience du corps, la participation sociale ; aucun saut en cas de douleurs articulaires).
    • Activité en plein air : randonnée (les bâtons de marche ont l’avantage de préserver les articulations et de renforcer les muscles des bras et des épaules).

Entraînez-vous en fonction de votre situation et en suivant votre intuition  :

  • Saviez-vous que la circulation sanguine dans l’intestin diminue jusqu’à 80% même chez les coureurs en bonne santé ?
  • Ne vous surmenez pas ! Commencez tout en douceur et augmentez lentement l’intensité pour habituer votre corps petit à petit aux sollicitations. On oublie facilement que les pauses sont extrêmement importantes pour le succès de l’entraînement ! Pendant la phase de repos, votre corps s’ajuste aux stimuli exercés.
  • Soyez à l’écoute de votre corps et des signaux qu’il envoie ! Il est évident qu’aller faire du jogging plusieurs fois par semaine pendant une poussée n’est pas une excellente idée.
  • Pensez toujours à avoir un apport régulier et suffisant en liquides et en minéraux, en particulier pendant les phases de diarrhée ou en cas de chaleur importante.
  • Après une opération : ménagez les muscles de votre ventre et choisissez plutôt d’aller faire de longues promenades.
  • Musculation : développer vos muscles n’augmente pas seulement votre force et votre stabilité physiques, mais aussi votre métabolisme de base. Vous bénéficiez d’une meilleure combustion des graisses.
  • Des pauses suffisamment longues sont très importantes dans le sport, même dans la musculation. Le développement musculaire a lieu pendant les phases de repos.
  • La musculature est plus gros organe métabolique. Les processus métaboliques se déroulent principalement la nuit. C’est pourquoi un sommeil suffisant est aussi important et bénéfique pour la santé.
  • Un programme d’entraînement modéré a des effets positifs sur votre système immunitaire, de même que sur votre muqueuse intestinale. L’activité physique assure une augmentation du nombre de cellules immunitaires dans le sang, ce qui réduit la susceptibilité aux infections et inhibe les inflammations.

Conditions particulières pour le sport en présence de MICI  :

  • Pendant les poussées modérées à sévères, laisse à votre corps le temps de récupérer.
  • Attention en cas d’ostéoporose : aucun sport imposant une sollicitation extrême aux os !
  • L’activité physique peut soulager les douleurs articulaires, mais vous devez toutefois éviter les types de sports qui sollicitent à l’extrême les articulations.
  • Les sports dans lesquels l’intestin est sollicité (par ex. le vélo) ne sont pas adaptés en cas de fistules et d’abcès dans la région de l’anus.
  • Ne faites pas de sport directement après une opération et limitez-vous plutôt à une activité physique légère, comme les promenades.
  • Dans la MICI, le corps peut être particulièrement sensible aux influences environnementales comme le mauvais temps, la chaleur ou le froid.
  • La vitesse et le volume respiratoires augmentent en cas de sollicitations très intenses. Le nombre de germes qui pénètrent dans le corps augmente avec la respiration. La sollicitation supplémentaire provoquée par une quantité accrue de germes ne doit pas être sous-estimée, en particulier en cas d’activité inflammatoire préexistante.
  • Plusieurs facteurs peuvent limiter les performances sportives en présence de MICI :
    • Avec l’âge, la concentration d’interleukines, qui agissent dans le corps à titre de transmetteurs ou de médiateurs, augmente. Cela entraîne une décomposition plus rapide des protéines musculaires et une dégradation de la nouvelle production de muscles. Dans la MICI aussi, la concentration en interleukines est accrue.
    • En outre, une diminution de la surface fonctionnelle de muqueuse intestinale peut entraîner un déficit dans l’absorption des nutriments de l’alimentation.
    • La prise de préparations à base de cortisone peut entraîner à la longue une diminution de la masse maigre, une augmentation de la perte musculaire et une réduction de la force musculaire.
    • En conclusion : Le sport peut favoriser le bien-être. Un entraînement d'intensité réduite est recommandé afin de favoriser le processus de cicatrisation. Faire de l’exercice réduit le risque d’infection.

Sport de haut niveau dans la MICI  :

  • Même en présence d’une maladie inflammatoire chronique intestinale il est possible de pratiquer de nombreux types de sport à un haut niveau.
  • Ici, la règle est la même que plus haut : fixez-vous des buts réalistes et demandez auparavant et tout au long du processus l’avis de votre médecin traitant.
  • Voici quelques conseils importants relatifs à l’entraînement :
    • Au fil de l’entraînement, augmentez progressivement la fréquence et diminuez la durée des séances.
    • Evitez les séances d’entraînement longues et intenses et intégrez plutôt de courts pics d’efforts à votre programme de sport.
    • N’augmentez que lentement le nombre de séances d’entraînement d’un maximum de 5–10 % par semaine. Ce faisant, raccourcissez la durée des pauses et les périodes entre plusieurs séances d’entraînement.
    • Entraînez-vous par cycle et intégrez à votre entraînement deux à trois séances modérées après chaque séance intense.
    • Le secret est dans la « régénération intelligente » : assurez-vous de dormir suffisamment après le sport et d’avoir une alimentation adéquate et favorisez la récupération au moyen de séances d’entraînement décontractées.

Conclusion : Lorsque vous faites régulièrement du sport, vous bénéficiez d’autres avantages en plus des effets positifs sur la santé : le plaisir, le contact social, l’affirmation de soi et une bonne parcelle de normalité. N’attendez pas demain – commencez aujourd’hui ! Mais bien sûr, avec prudence et pas pendant une poussée aiguë…

 

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